jeudi 8 novembre 2012

Polotsk

Le 18 octobre 1812, le départ de la Grande Armée de Moscou est imminent. Au même moment, la grande stratégie lancée par le Tsar et son état-major dans les cabinets de Saint-Petersbourg se met en place sur le terrain. Le comte Wittgenstein renforcé des nombreuses troupes tirées des dépôts, des levées de milices et de l'armée de Finlande, prend l'offensive contre Polotsk, ville clef sur la Dwina, tenue par le Maréchal Gouvion-Saint-Cyr.
Pour les Russes, prendre Polotsk reviendrait à faire peser une lourde menace sur les voies de communications françaises dans l'ancienne Lithuanie polonaise. Il s'agit surtout d'une des étapes préalables indispensables (avec la prise de Minsk par l'amiral Tchitchakov au sud) à la conclusion du piège qui doit se refermer sur l'Empereur Napoléon dans la région de Borissov sur la Bérézina.
Il y a peu, nous avons rejoué l'action sur l'aile droite française de cette bataille, c'est à dire l'attaque russe initiale menée par le corps de Berg contre les divisions françaises du IIème corps d'armée.
Christian et Nicolas (un prometteur vieux copain qui vient de nous rejoindre au "club") vont jouer les Russes, Christophe et moi seront Français.

Wittgenstein est compté comme général compétent, ainsi que ses sous-fifres Berg, Balk et Beguitcheff. J'aurais peut-être pu être plus sévère avec les valeurs des généraux russes, mais je n'ai pas voulu que ça deviennent trop galère pour les gars de manoeuvrer. En effet, ils n'alignent pas moins de 29 bataillons, 8 régiments de cavalerie et cosaques et 8 batteries ou détachements d'artillerie.
Côté français, les divisions de Legrand et Maison comptent 19 bataillons, 2 régiments de cavalerie et 10 batteries ou détachements. Nos officiers sont tous de niveau supérieur. En plus, parce que j'avais peur que la partie ne tourne trop court en notre défaveur, j'avais prévu les renforts possibles de la cavalerie Corbineau et de l'infanterie de la brigade Amey postée dans Polotsk.

Les abords de la ville sont barrés par plusieurs redoutes de petite taille et une série de terrains difficiles (lac, zones marécageuses et une zone de ravines). Autant d'éléments qui doivent permettre aux Français d'amoindrir les assaillants au feu avant que l'attaque ne puisse se développer complètement.

Polotsk apparait à droite de la photo. A gauche, l'attaque russe qui sort des bois.
Nos généraux russes inexpérimentés et impatients ont adopté
un déploiement pas très orthodoxe (elle est bonne, celle-là, hein ?)

Pour info, nous reprenons le jeu d'Empire depuis peu avec une règle maison sur laquelle je travaille encore. De plus, je peux dire que je suis le seul de notre groupe à avoir quelques connaissances en la matière. Alors j'avais bien fait un topo sur la nécessité de coller un peu aux formations historiques, etc, mais mes camarades de jeu devaient avoir le cerveau en ébullition à cause du grand nombre d'informations à engranger parce qu'ils ont un peu zappé. 

La ligne française : au premier plan, la division Legrand suivie de celle du général Maison.
Nico en ébullition apprend l'Art de la Guerre. L'avant-garde du général Balk fait mouvement vers les lignes de Legrand, joué par Christophe.
Au centre, voyant la faiblesse du dispositif russe, les tirailleurs français avancent pour masquer la batterie de position qui commence à tirer à grande distance. Pendant ce temps, les Jägers attaquent les ravines occupées par les Français.
Cette portion du champ de bataille est tenue par le général Grundler et les 2/3 de la division Maison. Maison lui-même est en bas de l'image vers l'artillerie.
L'aile gauche russe commandée par Christian - le corps de bataille de Berg est beaucoup trop excentré pour peser sur les combats qui se dessinent au centre.
Un maigre régiment de cavalerie légère française va devoir faire des exploits pour retarder les masses de l'infanterie épaulées par la puissante cavalerie de Dolgorouki.
Vue d'en face. En haut à gauche, on voit une batterie à cheval française. La cavalerie légère dont on vient de parler est juste un peu plus à gauche de l'image. On constate qu'il n'y a pas grand monde pour souhaiter la bienvenue aux Russes de ce côté-ci.
Et voilà le tableau...
Une vision du centre gauche (c'est à dire la droite de la division Legrand), brigade Moreau.
Premiers échanges de tirs dans les ravines.
Du coup, les Français avancent pour cueillir l'ennemi à la sortie des ravines.
Sur la gauche française, de courageux cosaques chargent une batterie de front. Hautement improbable mais j'ai opté pour laisser faire. Après tout, il faut bien que nos apprentis généraux apprennent le métier des armes.
Une vue générale. Les Français ont avancé au centre? Notre objectif est de nous rabattre tant que possible sur l'aile droite russe pour l'exterminer avnt que leur gauche n'entre en scène. Pour l'instant, ma propre aile droite tient son rôle de tampon mais je redoute le moment où leur cavalerie va entrer en action. Pour essayer de limiter les risques de débordement, on prélève le 14° cuirassiers de nos maigres réserves et il file vers la droite. La garnison de Polotsk (1 bataillon du 4°suisse et 1 bataillon du 123° de ligne) est également mise en marche vers le centre.
Au premier plan, la redoute de Spass, de l'autre côté de la Polota. 4 pièces de l'artillerie régimentaire suisse l'occupe aisni qu'un bataillon qui est aussitôt envoyé vers le pont de Polotsk.

L'attaque cosaque a volé en éclat. Nico commence à comprendre... Mais en fait non, car il récidive et attaque une nouvelle fois la batterie pleine face avec l'autre régiment cosaque. En même temps, ses hussards (désolé, ce sont des Prussiens, je n'avais pas fini mes Russes) s'en prennent au bataillon en ligne à droite des canons. Ce gars-là a le sang chaud. Il faudra lui confier le maréchal Ney un de ces quatre.
Le problème, c'est que ces #@ç}+¤$ de cosaques passent leur test de charge et nous détruisent notre batterie. ça sent mauvais chez Legrand...
Au début du tour 4 (ou 5 peut-être), un jet de dé favorable fait apparaître la brigade de cavalerie légère de Corbineau. Je choisis de la placer au plus loin de nous avec l'espoir que leurs arrières menacés, les Russes ne distraient quelques unités de mon aile droite.
Histoire de les encourager, je lance une charge contre les escadrons de dépôt des Uhlans de Pologne qui font la tête de colonne de Dolgorouki.
La charge ne va pas bien se passer pour moi puisque je vais manquer de peu la déroute, mais elle aura le mérite d'affaiblir les lanciers russes qui vont finir par dérouter, pris sous un feu d'enfer délivré par l'artillerie à cheval et le bataillon que l'on voit en ligne dans le champ à droite de l'image ci-dessus.
Donc les pertes s'accumulent à droite mais les Russes ne progressent pas bien vite. Les bataillons suisses et du 123° dirigés par le général Amey.
A gauche, Legrand se castagne toujours sévèrement avec la cavalerie russe.
Tandis qu'au centre, alors que l'on combat comme des diables dans les ravins...
...notre centre est percé par un bataillon russe !

Juste à côté, Grundler a scindé sa brigade car des renforts russes arrivent. Mais il n'en poursuit pas moins une attaque énergique sur le malheureux bataillon d'infanterie resté en défense au dessus des ravines. Juste en bas de l'image, face au tirailleur français, la batterie de position russe est maintenant masqué et ses heures sont comptées si elle ne déguerpit pas.
Une autre vision de la scène, où l'on voit la batterie en question. Au fond, vers la Polota, une colonne russe s'avance. Ce sont les troupes de réserves du GM Beguitcheff - des grenadiers et des dépôts de la Garde. J'ai bien peur que l'attaque française ait trop attendu...
D'autant que sur ma droite, la pression est de plus en plus forte. Mais Christian commet une erreur : il avance trop la batterie à cheval qui nous causait tant de mal depuis le début de l'action. Par une charge quasi sacrificielle, un bataillon de Maison parvient à la détruire. Par contre, la suite risque d'être compliquée : mes 2 bataillons à cheval sur la route n'ont plus qu'un malheureux point de force chacun. Celui de tête va bientôt exloser.
Pendant ce temps, Christophe et Nico se battent comme de beaux diables sur toute la ligne. Notre centre a été percé mais peu à peu Christophe parvient à réduire les bataillons de l'avant-garde russe épuisés.
Derrière, voici les grenadiers qui s'avancent.
Au centre, face à Gundler, une nouvelle brigade de réserve russe s'avance.

Wittgenstein (au premier plan) a directement pris le commandement du centre de l'armée russe.
Christophe prend des risques. Alors que l'attaque des grenadiers se développe, il tente d'attirer l'attention de quelques bataillons vers son extrème-gauche pourtant très fragilisée pour pouvoir mettre un coup décisif à côté.
Pendant ce temps, en haut de l'image, on devine la percée des jägers russes qui se termine super mal. Pris en sandwich par un bataillon français et un suisse, ils vont exploser en plein vol.

A l'autre bout du champ de bataille, les cavaleries s'affrontent. Corbineau a d'abord mal accusé le premier choc mais parvient à se maintenir. Les Russes ne pourront pas apporter de menace décisive ici non plus.

Car pendant ce temps, l'aile gauche russe n'a toujours pas progressé. En plus, les bataillons sont passés en ligne, ce qui rend les manoeuvres plus délicates.

Huit bataillons russes et 3 régiments de cavalerie, ont été retenu sur cette aile par 4 unités françaises pendant toute la durée des combats. J'étais même en infériorité en artillerie. Je suis très content des combats de retardement que j'ai pu livrer à cet endroit.




Et l'estocade plein centre. Gundler qui a terminé le nettoyage du secteur des ravines où il a détruit 1 bataillon d'infanterie, 2 cohortes d'opolchenié (facile !) et la batterie lourde, s'attaque maintenant à Wittgenstein, lui épargne la moitié du chemin et le percute de plein fouet. Au bas de l'image, on voit toute l'artillerie de réserve dirigée par Saint-Cyr qui accable l'avancée des Russes.
Comme dans la vraie bataille, Wittgenstein n'est pas passé loin d'être capturé. Son attaque est mise en pièces en un seul combat. C'était décidemment pas son jour.
Une vue générale de la fin de la bataille. A gauche, Christophe a fini le travail en rejettant toutes les attaques ennemies avec de fortes pertes.

Analyse russe de cette rencontre : Grumpf...

dimanche 4 novembre 2012

Viasma

Il y a 200 ans hier, les troupes de Davout, Ney, Poniatowski et du Prince Eugène de Beauharnais affrontaient les Russes de Mileradovitch aux alentours de la ville de Viasma.
Davout et Eugène manquent d'être coupés du reste de la Grande Armée par le jeune prince de Wurtemberg. La mauvaise coordination des corps russes permet  aux Français, sérieusement accrochés, de s'extirper de la nasse sous le feu de la puissante artillerie ennemie.
Suite à cette journée difficile, la relation entre Ney et Davout (qui ne peuvent pas vraiment se piffer)s'envenime encore , le premier pointant du doigt les soldats du second qui auraient traversé Vyasma à la débandade, donnant un exemple désolant pour le moral de la troupe. Davout dénonce une calomnie et défend énergiquement l'honneur de son corps d'armée auprès de l'Empereur. Mais Napoléon qui a déjà du ressentiment pour le duc d'Auerstädt dont l'arrière-garde n'avance qu'avec trop de lenteur pour lui, le désavoue au profit du "Rougeaud" et commence à prendre ses distances avec son meilleur lieutenants. Tout ceci ne fera que s'accentuer deux semaines plus tard, à Krasnoïe.


La Bataille de Viasma, par Peter von Hess
 J'ai préparé un scénario sur cette affaire et j'espère pouvoir le jouer et le présenter dans ces pages un jour. Mais il est très exigeant, surtout pour les joueurs français qui doivent gérer à la fois une bataille et une retraite avec un important charroi. Je pense que mes partenaires et moi devons d'abord nous familiariser avec notre règle et livrer quelques batailles plus classiques. Nous verrons par la suite.

mercredi 24 octobre 2012

Maloyaroslavets

Le 24 octobre 1812 à l'aube, les chasseurs russes prennent par surprise les deux bataillons postés la veille par le général Delzons dans la petite ville de Maloiaroslavets. Celui-ci, qui fait l'avant-garde de la Grande Armée sur la route de la riche province de Kalouga, au sud de Moscou, conduit aussitôt une vigoureuse contre-attaque qui chasse les Russes. Mais les assauts reprennent de plus belle tandis que le prince Eugène de Beauharnais hâte l'arrivée du reste de ses troupes.


La bataille va se prolonger une bonne partie de la journée et rapidement dégénérer en combat de rues. Selon les témoignages, la lutte dans la ville livrée aux flammes est aussi acharnée qu'autour des redoutes de la Moskowa avec, pour horrible apothéose, les hurlements de centaines de blessés dévorés par l'incendie. Le général Delzons (1775 - 1812), natif du Cantal (comme une bonne moitié de mes partenaires de jeu réguliers !), fait partie des victimes de cette funeste journée.


Funeste car, si l'armée d'Italie du Prince Eugène s'y couvre de gloire, cette bataille conditionne la décision de l'Empereur de ne pas poursuivre son mouvement de retraite dans la direction de Kalouga mais de reprendre la route de Mojaïsk, celle que l'armée a largement ravagée lors de la marche vers Moscou.




Un scénario sur l'intervention de la division italienne Pino à l'aide des "Français" de Broussier et Delzons sera présent dans le prochain numéro de Vae Victis.

vendredi 19 octobre 2012

Bientôt la retraite...

... dans Vae Victis.




En ce jour se fête la triste anniversaire du départ de la Grande Armée de Moscou au lendemain de la bataille perdue par Murat à Winkowo (ou Taroutino pour les Russes). Napoléon enrage qui ne veut pas donner l'impression de faire retraite ni d'être forcé à reculer par une victoire de ses adversaires. Il n'en demeure pas moins qu'il faut désormais faire marche arrière après être resté trop longtemps à Moscou, comme les évènements ne tarderont pas à le confirmer.

Un article sur la question va paraître dans le prochain numéro de Vae Victis (dans une quinzaine de jours environ), avec plusieurs scénarios sur les combats de la retraite jusqu'aux environs de Smolensk.



vendredi 5 octobre 2012

Par Dieu et par Bjorn Borg !

Il y a 2 week-ends de çela, on a improvisé une adaptation Guerre de Trente ans sur la base de l'Art de la Guerre. On voulait tester quelque chose de plus simple que la version donnée par Stéphane Thion dans Vae Victis et on s'en est tenu à une vision plus strictement proche de l'originale. On a sans doute un peu moins le sel de la Guerre de Trente ans, mais c'était bien agréable quand même. En gros la plupart des cavaliers avaient droit à l'option (payante) « pistolet » (portée 1 UD). L'infanterie était divisée en Li ( portée 2 UD), Mi (mousquetaires commandés, portée 4 UD) et Hi (avec tir à portée 4 UD) avec quelques modificateurs selon la qualité des unités, le ratio piquiers/tireurs, etc. Le budget n'est pas au point. Il sera à remanier car l'infanterie lourde qui tire est bien plus performante que son homologue AdG et c'est bien sûr la cavalerie qui en pâtit. Rien d'étonnant à cela. On ne devait pas souvent s'amuser pas souvent à charger une bataillon bille en tête avec son escadron à l'époque, et il est déjà satisfaisant de voir que c'est un peu la même chose ici.

Voici un petit CR de la bataille. Pardon pour l'extrême pauvreté des photos!

Une vue générale du déploiement. Mon armée protestante est à gauche ; les Espagnols de Christophe à droite. J'ai placé 3 embuscades puisque j'ai payé un stratège. Celle qui est dans le bois devant mes bagages est vide.

L'aile droite espagnole : pas un qui marche droit. C'est-y pas croyable de s'imaginer qu'on peut gagner une bataille avec un pareil déploiement d'ivrognes !
Les protestants inférieurs en nombre vont tenter de cogner le centre catholique de Christophe. En bas de l'image, une embuscade se dévoile : un cavalier moyen suédois vient se porter à l'aide de ses homologues face à la cavalerie légère impériale.
Sur leur aile droite, les protestants dévoilent leur deuxième embuscade, une unité de MI (mousquetaires) occupant le village. Toute la ligne s'est portée à leur niveau.
Une vue d'ensemble à la fin du 1° tour. Entre mes corps du centre et de droite, un vide béant s'est crée. J'espère juste que mon artillerie lourde pourra suffir à retarder l'avance ennemie sur ce point ...

Le problème, c'est que les Espagnols font entrer une marche de flanc dès le 2° tour, dans mon dos. Ça semblait pas mal vu. En fait, ça va s'avérer une erreur.
Je tente le tout pour le tout et envoie 2 Cav lourds impact pistolet pour contrer la menace. Mais il se crée une nouvelle brèche dans ma ligne.
De l'autre côté du champ de bataille, mes cavaliers moyens mettent la Lh cosaque en fuite.
L'objectif est de prendre cette batterie d'artillerie puis de partir menacer les bagages ennemis.
Christophe profite du départ de mes cavaleirs pour venir assaillir mon infanterie en infériorité. Mais ses tirs de pistolets ne donnent rien.
par contre, les miens fonctionnent plutôt bien.
mes cavaliers chargent sa marche de flanc. Ce sont des unités de MI, je vais avoir un bel avantage. Il est même nécessaire de les détruire au plus vite pour venir au secours de mon infanterie menacée. En fait je ne le savais pas encore mais elle peut bien se tenir seule face à la cavalerie.
la première attaque sur l'artillerie s'est mal passée. Mes cavaliers y ont ris par les oreilles et je dois ramener du soutien en débord.
Juste à côté, c'est encore pire. L'infanterie catholique est venue au contact de mes cavaliers lourds qui se sacrifient pour retarder et/ou affaiblir la ligne adverse. Au centre, on continue de se canarder.
le résultat ne se fait pas attendre. Je perds le combat mais il faudra 2 tours à Christophe pour faire la décision. En espérant que cela suffise !

Sur ma droite, la cavalerie lourde espagnole tente de venir à bout de mon infanterie. Sauf que là, c'est pas la même mayonnaise pour les oiseaux du Bon Dieu. Mon unité de droite, une MI mousquet, vole logiquement en éclat face à la charge percutante, mais à gauche ce sont deux cavaliers d'élite espagnoles qui disparaissent. Mes hérétiques retrouvent le sourire. D'autant que la marche de flanc vient d'être exterminée en 2 tours de combat.

La suite ne sera qu'une formalité.
à gauche, une de mes cavalerie est détruite par les piquiers mais je vais réussir à me sortir de cette affaire en pourchassant ses Lh que Christophe refuse d'engager.
le tour suivant, ce n'est plus qu'une question de temps pour ses bagages, mais je n'aurai pas besoin de ça.
Car au centre, mon dernier cuirassier s'est désengagé, bien amoché, laissant la place libre pour les masses d'infanterie.
Je ne suis pas très rassuré à ce moment car ma ligne est débordée. Mais j'ai 3 unités classées Elite (celles qui portent un drapeau) et Christophe doit en avoir 2 seulement (si mes souvenirs sont bons).
De toute façon, le combat tourne clairement en ma faveur – c'est un peu l'inconvénient d'AdG. Si on a les bons dés au bon moment, c'est une super règle. Je me demande parfois comment Christophe fait pour la supporter encore. En effet, je prends des pertes sur mon unité de droite (soit 1 PV concédé) mais je lui en blesse 2 et en détruit une troisième (soit 4 PV dans la musette). C'est ce moment qui est photographié – au centre, le trou qui s'est ouvert dans ma ligne vient du fait que mon infanterie a avancé après avoir détruit une unité de mercenaires impériaux. Dans la phase suivante (la dernière de la partie), l'écart va encore se creuser et le centre espagnol va voler en éclat.

Bilan : la coalition catholique déroute après avoir encaissé 26 pertes sur 23 autorisées ; les troupes suédoises en perdent 17 sur 21.


C'était vraiment une partie très agréable, fluide, etc. L'adaptation semble assez réussie bien qu'encore perfectible. Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose au'à AdG (du moins par rapport aux armées que je joue habituellement) car avoir une masse principale de tireurs change complètement la donne. D'autant que cela ne diminue en rien els capacités de frappe de cette masse. C'est plutôt bien car on ne se contente pas de taper dans le tas avec des troupes de force équivalente, les phases de tir préparatoires sont importantes pour créer des points faibles dans la ligne ennemie.

dimanche 2 septembre 2012

Shiloh - scénario 2

Comme promis il y a quelques jours, voici un premier complément à l'article de Vae Victis sur cette fameuse bataille de Shiloh. L'article s'intitule "scénario 2" car le premier scénar que j'avais préparé (sur l'attaque de la division Prentiss à l'aube du 7 avril) a été livré à Vae Victis. Nicolas Stratigos, le rédac' chef, n'a pas pu le passer faute de place et doit le placer sur le site dans la revue prochainement.

Tout d'abord, voici la carte générale de la bataille telle qu'elle apparait dans l'article :


Soldat US en chapeau et sack coat

Ensuite, un mot concernant les illustrations. Si l'aspect général des armées en présence est certainement celui d'une bataille "classique" de la Sécession, il est possible qu'un certain nombre d'unités aient porté des uniformes particuliers à Shiloh. Lors de mes recherches, un wargamer américain m'a précisé que la diversité d'aspect des troupes est aussi vaste que lors de la première bataille de Manassas (1st Bull Run). Je ne suis pas exactement sûr de cela car je n'ai que très peu de sources sur le sujet mais j'ai répertorié quelques effets distinctifs pour une poignée d'unités. Toute la difficulté, tant mes informations sont fragmentaires, est de savoir si ces "détails" se rapportent à un régiment entier ou seulement à une ou plusieurs de ses compagnies.
Ces informations sont bien entendu prévues pour les joueurs qui souhaiteraient personnaliser quelque peu leurs troupes en vue de rejouer Shiloh.

Pour le Nord, il n'y a que peu de changements avec l'image habituelle du soldat bleu. Je pense que le sack coat est, comme souvent, le vêtement le plus répandu dans la troupe. Certaines sources picturales (comme Keith Rocco) montrent que la shell jacket est aussi très présente.

En revanche, il semble acquis que les soldats de l'Union sur le front occidental portent le chapeau en une forte proportion que dans la région des capitales.

9th Illinois en shell jacket

Une distinction notable : tous les régiments de la Highland brigade du BG John McArthur portent le bonnet écossais de leur chef, qui deviendra, d'après L.J.Daniel, l'un des généraux nordistes les plus brillants du front de l'ouest. Sa brigade (div. W.H.L. Wallace) comprend les 9th et 12th Illinois, 13th et 14th Missouri et 81st Ohio, vétérans de Fort Donelson.


Brigadier General John McArthur
On trouve également cinq compagnies de réguliers de l'armée américaine au sein de la brigade Rousseau (2ème division de l'armée de l'Ohio). J'ignore s'ils portent la casquette ou le chapeau Hardee mais il est possible de les distinguer sur nos tables grâce à ce couvre-chef.

Comme à l'habitude, les officiers fédéraux portent le frockcoat (redingote à mi-cuisse) en grande nombre.

Il y a aussi certainement quelques régiments de zouaves mais je ne sais pas exactement lesquels, à part le 11th Indiana (Wallace Zouaves) de la division de Lew Wallace. Il est en image dans le précédent message et dans le VV 106, mais on ne peut pas dire qu'il prend une part très active à la bataille puisque Wallace loupe toute la première journée de combats et s'implique fort peu le second jour sur l'aile droite de l'Union.

 La plupart des unités de l'armée de Grant sont formées de troupes qui sont sous les drapeaux depuis de longs mois. Il est probable que leur aspect ne diffère en rien de n'importe quelle autre armée nordiste en campagne. Les divisions de Prentiss et Sherman, qui sont presque entièrement composées de nouvelles recrues n'ont sans doute pas une allure très différente, mais on sait que Sherman se plaint que ses troupes, non contentes de ne rien connaître à leur métier de soldat, ne sont pas très bien équipées.

Je ne sais pas à quelle période exactement la photo ci-dessus se réfère, mais il est possible que ce soit une représentation des volontaires fédéraux du début de guerre, peut-être dans les mois qui précèdent Shiloh. D'après sa légende, ces hommes appartiendraient au 21st Missouri, (brigade Peabody, division Prentiss). 

Je dispose aussi d'informations sur quelques régiments et bataillons confédérés et je les donnerai dans un futur article. En attendant, voici le scénario de l'attaque de Shiloh Church, la première position de la division Sherman :

Jouer Shiloh


Le scénario qui suit (ainsi que le n°1 « Attaque sur Prentiss », qui sera bientôt visible sur le site de Vae Victis) simule l'un des touts premiers affrontements de la bataille. Le joueur unioniste ayant normalement moins de chances de l'emporter, ce scénario a été pensé comme une « course contre la montre ». L'objectif du sudiste est de détruire ses adversaires le plus rapidement possible, en usant le moins de troupes possible. Le nordiste doit, au contraire tenir le plus grand nombre de tours. Plus il parvient à garder ses troupes en ordre pour combattre, plus il force l'ennemi à engager de réserves, plus il marque de points.

Les ordres de bataille donnés ne correspondent pas à une règle précise. Les joueurs devront les adapter à celle qu'ils pratiquent. La taille du plateau de jeu et le nombre de tours à tenir seront bien entendu eux aussi à ramener aux distances de mouvement de la règle employée. A titre d'exemple, dans le scénario n°1, « Attaque sur Prentiss », les brigades de Gladden et Chalmers, une fois entrées sur la table, doivent mettre 2 tours de mouvements pour atteindre la ligne nordiste de Miller.

Scénario n°2 - Attaque sur Sherman (7h0 – 10h00)

Nombre de tours : 10
Le joueur sudiste joue le premier.

Points de victoire :
+ 2 points par cantonnements US occupé
+ 5 points si l'église de Shiloh est occupée au tour 10
+ 10 points si le champ de Ben Howell est occupé au tour 10
+ 3 points par unité ennemie en déroute
+10 points au nordiste si B. Johnson est engagé
+10 points au nordiste si Pond est engagé
+ 10 points au sudiste si Raith (US) est engagé
+ 5 au nordiste pour chaque tour joué après le 8ème inclus

Troupes confédérées

Eléments du IIIème corps, général Hardee (+1)Brigade de Cleburne (+0)
6th Ms. (425)
15th Ak. (400)
2nd Te. (365)
23rd Te. (578)
24th Te. (400)
35rd Te. (369)

Bataillon d'artillerie du major Shoup
Trigg's battery (2 pièces de 6 ; 2 obusiers de 12)
Calvert's battery (2 pièces de 6 ; 2 obusiers de 12)
Hubbard's battery (2 pièces de 6 ; 2 pièces de 3 rayées)
Renforts :

Brigade Patton Anderson (+0) Entrée à 8h00 par le bord sud
1st Fla. Inf. Batt. (250)
9th Tx. (226)
17th La. (326)
20th La. (507)
Confederate (La.) Guards Response Batt. (169)
Washington (La.) Artillery (Capt. Hodgson) (2 pièces de 6 ; 2 pièces de 6 rayées ; 2 obusiers de 12)

Major Général Charles Clark (+1) Entrée à 8h00 par le bord sud
Brigade du colonel Russell (+0)
11th La. (550)
12th Te. (700)
13th Te. (600)
22nd Te. (800)
Bankhead's battery (4 pièces de 6 ; 2 obusiers de 12)
Polk's battery (4 pièces de 6 ; 2 obusiers de 12) Entrée à 8h30 par le bord sud

Brigade de Bushrod Johnson (+1) Entrée à 9h00 par le bord sud
2nd Te. (400)
15th Te. (500)
154th Te. Senior Rgt. (650)
Blythe's (Ms.) Rgt. (400)

Brigade du colonel Pond (+0) Entrée à 9h30 au point P
16th La. (330)
18th La. (500)
38th Te. (700)
Crescent (La.) Rgt. (700)
Orleans Guards (La.) Batt. (300)

Troupes de l'Union

5ème Division, général Sherman (+2)
Brigade du Col. McDowell (+1)
6th Iowa (632)
40th Illinois (597)
46th Ohio (701)
Brigade du Col. Hildebrand (+1)
53rd Ohio (640)
57th Ohio (542)
77th Ohio (645)

Brigade du Col. Buckland (+1)
48th Ohio (606)
70th Ohio (854)
72th Ohio (647)
  Bataillon d'artillerie du major Taylor
Barrett's battery (2 obusiers de 12 ; 4 pièces de 6)
Waterhouse's battery (6 James rayés)
Behr's battery (2 obusiers de 12 ; 4 pièces de 6)

4th Illinois Cav. Rgt. (291)

Renforts :

Eléments de la 1ère division de McClernand
Nispel's battery (2 obusiers de 12 ; 2 pièces de 6) Entrée au tour 1 par la route au nord
Brigade du Col. Raith Entrée au tour 3 au point R
17th Illinois (400)
29th Illinois (387)
43rd Illinois (500)
49th Illinois (500)


Toutes les troupes sont « novices », sauf précisions dans les règles spéciales.
Toutes les pièces d'artillerie sont à âme lisse, sauf précision.
Règles spéciales :

Le terrain est entièrement boisé à l'exception des champs visibles sur la carte. Néanmoins, les joueurs peuvent ménager quelques clairières réparties aléatoirement, ainsi que quelques petites collines plus ou moins couvertes de végétation.

Rebel Yell – les unités confédérées bénéficient d'un +1 au combat (voire au test de charge si la règle utilisée en comporte un) pour chaque premier combat qu'elles initient.

Inextricable ! – Toute unité qui tente de franchir la Shiloh Branch doit passer un test. Sur un résultat de 4-6 sur 1D6, sa traversée est retardée d'un tour. Pour ce faire, le joueur doit « activer » ses troupes à la brigade c'est à dire déclarer par exemple « je tente de passer la Shiloh avec la brigade Cleburne », mais chaque régiment applique individuellement et immédiatement le résultat. C'est à dire que si le premier régiment de la brigade échoue à son test et reste derrière le ruisseau, les autres doivent tout de même tenter le passage. Ceci permet de simuler la difficulté des officiers sudistes à garder la cohésion de leurs troupes lors des attaques répétées du matin.

Sauve qui peut ! – Au cours du combat, le colonel Jesse Appler, du 53rd Ohio, est saisi d'une terreur panique. Il s'enfuit, jetant le trouble dans les rangs de son régiment. Le 53rd doit effectuer un test chaque fois qu'il est engagé par l'ennemi (tir ou combat). Sur un résultat de 4-6 sur 1D6, il lâche pied et part en déroute. Toute unité amie qui assiste à la déroute dans un rayon de 15 cm doit tester à son tour. Sur un résultat de 6, c'est la déroute et les tests se répercutent sur d'éventuels unités voisines.

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